Mode circulaire : un marché européen à plus de 100 milliards d'euros d'ici 2030

Publié le par Journal du Luxe

Dans une récente étude, le cabinet KPMG et la Fédération de la Mode Circulaire révisent à la hausse les projections d'un marché emmené par l'essor de l'éco-conception et l'évolution des réglementations européennes.

Les fondements d'un marché en expansion

Réinventer, Réutiliser, Réparer et Recycler. Selon la seconde édition du rapport State & Prospects of Circular Fashion in Europe, ces quatre piliers complémentaires pourraient porter le marché global de la mode circulaire à quelque 104 milliards d'euros d'ici 2030

Situé en amont de la chaîne de valeur, le pilier Réinventer - qui inclut l'éco-conception - constitue le moteur principal de cette valorisation alors que la part des produits éco-conçus pourrait peser pour 15 % du marché européen de la mode en 2030, contre 6 % à l'heure actuelle.

Pression sur les coûts et accélération réglementaire

Cette dynamique est à mettre en perspective avec un marché marqué par la paupérisation des matières disponibles, la hausse des coûts d'approvisionnement et de production, mais aussi l'évolution des réglementations européennes. Parmi elles, l'harmonisation de la Responsabilité Élargie des Producteurs - obligatoire à l'échelle de l'UE d'ici 2028, le Passeport Numérique des Produits, ou encore les échanges autour d'une TVA circulaire et sa possible adoption d'ici fin 2028.

L'éco-conception, socle stratégique

"Alors que près de 80 % de l'impact environnemental d'un produit se détermine dès la phase de conception, l'éco-conception devient le socle permettant de développer à grande échelle les modèles de réparation, de réutilisation et de recyclage", précisent les auteurs du rapport qui citent également sa propension à s'imposer comme un levier de compétitivité et de création de valeur.

Derrière le bloc de l'éco-conception, qui pèse à lui seul pour 71 milliards d'euros sur le marché de la mode circulaire en Europe, les autres piliers opérationnels affichent des dynamiques distinctes. 

Selon l’étude, la réutilisation progresserait ainsi à un rythme de +8,5 % par an pour atteindre 26,9 milliards d'euros en 2030. Portée par la pression sur le pouvoir d'achat, elle reste néanmoins freinée par la dégradation de la qualité des flux entrants liée à l'ultra-fast fashion. De leur côté, la réparation maintiendrait un taux de croissance annuel de +5,5 % à l'horizon 2030 (à 3,7 milliards d'euros), là où le recyclage bénéficierait de projections à la hausse (+10,5 %, à 2,4 milliards d'euros), stimulé notamment par la montée en puissance du recyclage dit "de fibre à fibre".

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