Courrèges vu par Peter Knapp : une exposition à la Fondation Maeght
Publié le par Pauline Duvieu
En marge du Festival de Cannes (du 12 au 23 mai 2026), la Fondation Maeght inaugure une exposition dédiée à Courrèges à travers l'œil du photographe Peter Knapp.
Peter Knapp : Le temps Courrèges
La Fondation Maeght, située dans la petite commune de Saint-Paul-de-Vence, à quelques kilomètres au-dessus de Cannes, orchestre du 14 mai au 1er novembre 2026 une nouvelle exposition entre mode et photographie, calée stratégiquement sur le début du Festival de Cannes, qui se tient du 12 au 23 mai.
L'événement s'articule autour des clichés de Peter Knapp, célèbre photographe de mode et directeur artistique du magazine ELLE dans les années 1960, consacrés à la maison Courrèges, qui a d'ailleurs collaboré au projet. Le parcours se compose de plusieurs séries de photographies, d'archives et de tenues capturées par l'artiste et prêtées par la marque, qui appartient à Artémis, la holding familiale des Pinault (groupe Kering).
Cœur battant de l'exposition, quatre grands tirages de la collection haute couture printemps-été 1965 sont à l'honneur. Adulée par la presse et portée par les icônes de cette ère, cette ligne est photographiée par Peter Knapp, grand ami du styliste, dans le numéro 1002 de ELLE, en mars 1965. Les images présentent la femme Courrèges, libre et dynamique, avec des modèles volant dans les airs et suspendus dans l’espace. Le tout dans des silhouettes avant-gardistes, loin des normes vestimentaires de l’après-guerre.
La mode des années 60 sur le devant de la scène
Époque de profondes transformations, les années 60 marquent un tournant dans la mode. André Courrèges (1923-2016) incarne une rupture radicale avec la mode traditionnelle pour proposer une démarche résolument moderne, presque futuriste, du vêtement et du corps féminin. Formé à l’architecture avant de se tourner vers la couture, il privilégie alors les lignes nettes, les formes géométriques et des structures impeccables, à la manière d’un objet de design. Dépourvues de superflu et des coupes contraignantes d’antan, les silhouettes sont simplifiées, plus courtes et plus confortables.
La minijupe, la robe trapèze, les bottes, les lunettes aux formes originales, les coiffes sophistiquées et les ensembles géométriques reflètent sa vision de la femme active et moderne. Son style se caractérise aussi par le blanc, parfois accompagné de couleurs franches, ainsi que par des matières innovantes comme le vinyle, ancrées dans le courant "Space Age" - un mouvement influencé par l’univers spatial et les avancées scientifiques de la décennie, proposant une lecture presque utopique du monde moderne. Toujours source d’inspiration pour les couturiers, la mode Courrèges représente cette révolution vestimentaire liée à l’émancipation féminine.
Aujourd’hui, et depuis seulement quelques semaines, c’est le designer Drew Henry, ayant travaillé pour JW Anderson, Phoebe Philo et Burberry, qui est à la tête de la direction artistique de la maison. Il succède au créateur belge Nicolas Di Felice, resté cinq ans dans les ateliers.