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Jeunes créateurs : faut-il encore défiler pour exister pendant la Fashion Week ?

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La réponse de Jean-Loup Rebours et Sergio de Rezende, fondateurs de Faxion PR.

Comment exister pendant la Fashion Week lorsqu’on est un créateur indépendant ? Chaque saison, les grandes Maisons monopolisent l’attention, les acheteurs courent les rendez-vous et les réseaux sociaux accélèrent la circulation des images à outrance. Pourtant, les marques indépendantes sont de plus en plus plébiscitées pour leur singularité et leur liberté créative. Mais encore faut-il transformer cette désirabilité en une visibilité stratégique.

C’est précisément le cœur de métier de Faxion PR. Fondé en 2021 par Jean-Loup Rebours et Sergio de Rezende, ce bureau de presse atypique qui place l’empathie au cœur de sa réflexion a été pensé comme un espace de travail sain, loin de la brutalité et du mépris parfois associés à l’industrie. Leur approche ne consiste pas à pousser une Maison à être vue partout, mais à identifier où elle doit être vue pour entrer en résonance avec le bon public.

"Une marque indépendante n’a pas besoin de faire plus de bruit que les autres. Elle a besoin d’être comprise par les bonnes personnes, au bon moment, dans le bon contexte. C’est là que la visibilité devient vraiment stratégique", souligne Sergio de Rezende.

Jean-Loup Rebours et Sergio de Rezende

Et si défiler n’était pas toujours une bonne idée ?

"La vraie question n’est pas : faut-il défiler ? Mais quel dispositif fera avancer la marque cette saison ?", explique Jean-Loup Rebours. Un show peut affirmer un univers, mais devient un investissement périlleux sans une structure commerciale et une capacité de production solide pour transformer cette attention en opportunités. Pour Faxion, un showroom, une présentation, un placement éditorial bien choisi ou une silhouette portée par la bonne personnalité peuvent produire un impact bien plus durable qu’un défilé "englouti dans le flux".

La relation au cœur du modèle de l’agence

Faxion s’est construit en rupture avec le modèle vertical et parfois paternaliste des bureaux de presse classiques. Ce rapport plus horizontal s’applique aussi aux stylistes, considérés comme de véritables partenaires artistiques : ce sont eux qui font vivre les pièces dans les éditos, sur les tapis rouges, dans les clips ou les apparitions publiques.

Cette bienveillance est aussi palpable au sein de l’équipe. Valentine Verhaegen, l’attachée de presse du bureau dont on sent la passion pour la mode, accueille les stylistes venus sélectionner des silhouettes pour des personnalités attendues au Festival de Cannes, tandis que Godwinne Lifafu et Hakim Hadj-Amar suivent les entrées et sorties de samples destinés aux éditos, avec des demandes liées à des artistes comme Théodora ou Jisoo.

Dans ce joyeux bal, la précision reste de rigueur. Une pièce empruntée n’est pas forcément publiée. Une silhouette très demandée peut révéler un intérêt fort du marché. À l’inverse, une pièce beaucoup empruntée mais rarement portée peut signaler un problème de fit, de taille, de matière ou de rendu photo. C’est là que la méthode Faxion devient singulière : l’agence travaille autant avec l’œil qu’avec la donnée. Chaque mois, les marques reçoivent des rapports précis sur les emprunts, les profils intéressés et les typologies de demandes qui concernent leurs pièces. Comme le résume Sergio de Rezende, dont la capacité d’analyse structure le modèle Faxion : "La donnée ne remplace pas l’œil. Elle permet de comprendre ce qui se passe vraiment après le coup de cœur." Une lecture pragmatique, qui aide les créateurs à comprendre ce que le marché retient d’eux, sans jamais dicter leur création.

L’incubateur des nouvelles scènes

À l'origine très concentré sur la représentation des créateurs chinois, dont la richesse a longtemps été sous-estimée en Europe, Faxion s'est ouvert à un spectre plus large, avec la même conviction : pour une marque, se lancer sur le marché ne suffit pas. Il faut être contextualisée à travers le bon récit et connectée aux bons relais.

C'est dans cet esprit qu'est née l'offre "Newcomers". Conscient que les jeunes créateurs prometteurs n'ont pas toujours les moyens d'un accompagnement RP classique, Faxion propose un accès structuré aux relais influents, pensé sur mesure. "Ce n’est pas de la charité, c’est un pari sur le futur », souligne Jean-Loup Rebours. « Si nous aidons une marque en laquelle nous croyons à se développer aujourd’hui, nous construirons une relation précieuse pour demain."

En misant aujourd’hui sur les créateurs qu’elle croit capables de compter demain, Jean-Loup Rebours et Sergio de Rezende défendent ainsi l’idée qu’une vraie stratégie de visibilité ne consiste pas à occuper la scène, mais à ouvrir la bonne porte.

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