4 français sur 10 ont déjà acheté un bijou de seconde main
Publié le par Pauline Duvieu
Les ventes de bijoux de seconde main continuent de s'accroître, portées par des facteurs économiques, une démocratisation de l'achat d'occasion et une jeune génération toujours plus intéressée par ce mode de consommation.
Prix, accès à des pièces de luxe, attrait pour le vintage...
Le marché de la bijouterie d'occasion semble bien se porter, comme l'indique l'étude réalisée par Interencheres en partenariat avec YouGov. Le rapport se base sur un sondage mené auprès de 1001 personnes représentatives de la population française. Selon l'analyse, 22 millions de français ont déjà sauté le pas d'acheter un bijou de seconde main ou prévoient de le faire, soit 4 personnes sur 10. Si ce chiffre reste moins élevé que celui du secteur de l'occasion dans son ensemble, tiré par la mode ou encore l'ameublement, il continue de croître, porté par une jeune génération rabattant les cartes de la consommation traditionnelle.
Décomplexés sur le fait de ne pas acheter du neuf, les jeunes participent amplement à dynamiser le chiffre global de cette industrie : 8 français sur 10 âgés de 18-24 ans ont déjà acheté un bijou d’occasion ou prévoient de le faire. Au contraire, et alors qu'ils sont 76% à avoir déjà acheté ou envisagé d’acheter un objet d’occasion, 70% des français âgés de plus de 55 ans sont réticents à l'idée d'acquérir ce type de bijou.
Tous âges confondus, la première raison d'un achat de bijou de seconde main reste le prix pour près de la moitié des répondants. 27% citent le budget comme principal argument et 20% la possibilité d’accéder à des marques ou à des pièces de luxe à un niveau de prix plus accessible. 14% des acheteurs mentionnent aussi l'envie de se démarquer en possédant une pièce vintage, plus originale face aux collections standardisées. La démarche éco-responsable, l'intérêt pour des objets ayant une histoire et la volonté d'avoir quelque chose de rare sont tant d'autres motifs d'achat. Chez les 33-44 ans, la dimension investissement est beaucoup plus importante, arrivant en troisième position parmi leurs motivations.
L'authenticité reste le principal frein à l'achat. Pour près d’un tiers des français qui ne souhaite pas acheter de bijoux de seconde main, la crainte de la contrefaçon et du manque de garanties restent un obstacle. Autre blocage : savoir qu’un bijou a déjà été porté par un inconnu. Pour un quart des répondants, ce facteur reste dissuasif, notamment chez les femmes.
Offrir un bijou de seconde main
Si les canaux retail traditionnels dominent, la vente aux enchères, physique ou en ligne, est particulièrement appréciée par les consommateurs. "Les ventes aux enchères offrent l’accès à des bijoux anciens, d’époque ou signés, souvent réalisés en exemplaire unique ou en très petite série, contrairement aux collections standardisées de la bijouterie contemporaine" décrit Isabelle Goxe, commissaire-priseur à Enghien-les-Bains, dans le cadre de l'étude.
La seconde main s’affirme désormais comme un choix assumé, y compris pour les cadeaux. Près de deux tiers des français (65%) se disent prêts à offrir un objet d’occasion, et chez les 18‑24 ans, ils sont 82% à franchir le pas. Dans ce contexte, le bijou reste plus délicat : 65% l’achètent d’abord pour eux-mêmes, contre 39% pour leur partenaire, révélant le lien intime et symbolique attaché à ces pièces.
Les comportements varient selon l'âge et le genre. Un jeune français sur deux se dit prêt à offrir un bijou de seconde main à son partenaire. Les femmes privilégient l’auto-achat (78% contre 50% des hommes), tandis que les hommes se tournent plus volontiers vers leur moitié (56 % contre 23 %). La réception est en revanche bien acceptée : 44% des personnes de l'hexagone se déclarent satisfaits à l’idée de recevoir un bijou d’occasion, proportion qui grimpe à 66% chez les 18‑24 ans. Seuls 4% des plus jeunes et 14% des plus de 55 ans considèrent qu’un cadeau doit impérativement être neuf.